De la Cerdagne aux Aldudes. Un itinéraire de recherche à l’ombre de Peter Sahlins March 17, 2022

La lecture d’un compte-rendu du livre de Peter Sahlins, Frontières et identités nationales (1989), aura été un véritable déclic. L’ouvrage porte sur la formation des identités nationales dans une vallée frontalière de Catalogne, la Cerdagne, entre les XVIIe et XIXe siècles. Ce travail me touchait doublement : j’ai passé mon enfance dans l’espace frontalier du Pays Basque, à l’autre extrémité des Pyrénées ; et j’ai passé mon adolescence en Cerdagne, car on y envoyait encore dans les années 1990 les jeunes affectés par un asthme sévère. J’ai immédiatement pensé que je pouvais m’inspirer de ce beau travail pour étudier la frontière franco-espagnole au Pays Basque. Et, en même temps, j’avais la vague intuition que la ligne de faille autour de laquelle l’argumentaire était articulé méritait d’être discuté. Car prétendre que l’appropriation de la nation par les frontaliers se faisait sans action concertée de la part des États espagnol et français me semblait être une conclusion contestable. La thèse de Sahlins doit cependant être replacée dans le contexte de l’historiographie dominante à l’époque de sa publication et reconnue pour sa force d’innovation par rapport aux lectures stato-centrées de la construction de la frontière. À l’ombre de la Cerdagne, « La guerre des limites » secouant la vallée des Aldudes entre les années 1820 et 1850 forme une rampe de lancement propice au déploiement d’un dialogue avec les travaux de Sahlins. 

Benjamin Duinat est PRAG à l’UPPA. Il a soutenu un doctorat en histoire moderne et contemporaine à l’Université Paris Sciences & Lettres, le 4 décembre 2021. Sa thèse est intitulée « Autour de la “ligne divisoire”. L’espace frontalier du Pays Basque à l’âge des États-nations (1780-1920) ».

 




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